« La mode, ce par quoi le vraiment fantastique devient un instant universel. »” —Traduction par Dàvid Ranc, http://davidranc.com
July 2011
27 posts
« La mode, ce par quoi le vraiment fantastique devient un instant universel. »” —Traduction par Dàvid Ranc, http://davidranc.com
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Ali Kawashima’s entry, “As the dark and mysterious stranger approached, Angela bit her lip anxiously, hoping with every nerve, cell, and fiber of her being that this would be the one man who would understand – who would take her away from all this – and who would not just squeeze her boob and make a loud honking noise, as all the others had”, won the romance award.
—-” —http://www.guardian.co.uk/books/2011/jul/27/bulwer-lytton-prize-bad-writing
For comic value: a question I answered at NYC fashion week in February 2011. I have changed glasses since then, & the new ones look better! Far better.
The link (http://keshot.com/en/postcard/pc.asp?s=T14021611073623&i=3560470) points you to the video. No idea why I cannot embed it!
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PS. For those who are desperate to know more about me (& there must be, well at least in my dreams there are), feel free to visit my blog, & my website.
Very interesting work by Mathieu Bernard-Reymond
http://www.booooooom.com/2011/07/21/photographer-mathieu-bernard-reymond/
I randomly ranted that in paintings & drawings from the middle-ages, it is not uncommon to see the same character repeated: the work portrays different stages of the same story. Something similar is happening here!
Do YOU think we have just witnessed the most exciting Tour de France stage in 10 years?
/Fashion dies young, this is what makes its lightness so grave./” —
Jean Cocteau. Le Grand Écart. (Musée « La Piscine », Roubaix).
[Traduction par] /Translation by/ David Ranc.
Comme je fais une crise d’immodestie généralisée, je reposte ici une réponse sur un sujet qui me tien à coeur : les blazers de régate. Suivez le lien pour voir l’article auquel j’essaie d’apporter quelques éléments.
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Ayant fait de l’aviron pour mon collège (Trinity Hall, University of Cambridge),* cela me touche tout particulièrement de voir cet article. Quelques points en vrac :
Le blazer signifie une appartenance. La forme exacte des blazers a varié selon les époques, mais cette forme a un sens, elle correspond à un code. Longtemps, ils ont été croisés (notamment ceux de Gonville & Caius, Cambridge). Les points communs à tous les blazers de régate (boat club blazer) sont (1) la présence de trois poches rapportées comme dans la troisième illustration & (2) le ruban qui barre le bas de la manche (vestige de l’époque où les poignets des vestes étaient repliés, le ruban mis à l’extrémité apparaissant donc plus haut). Celui du milieu est a priori un blazer d’un autre type de club, le club de tennis, car la poche poitrine n’est pas rapportée mais passepoilée. La veste de gauche est a priori une veste d’école (même si la poche supplémentaire “chasseur” à droite me rend perplexe).
Il en va de même pour les couleurs : elles traduisent fondamentalement une appartenance. Un Français jugera les couleurs en termes d’esthétique, un Anglais en terme de communauté, de groupe, de prestige. La tradition d’excentricité des blazers est donc largement usurpée : un Anglais ne porte pas des couleurs criardes parce qu’il les aime mais parce qu’il est fier de ce qu’elles représentent : l’école à laquelle il va ; le collège qu’il représente, le sport qu’il fait etc. Chaque détail traduit le statut. Par exemple dans mon collège, les rameurs du meilleur bateau portaient un croissant (emblème du collège) sur la poche poitrine tandis que ceux du second bateau portaient les initiales THBC (pour Trinity Hall Boat Club) entourées de rames croisées. Dans un autre bateau de rang inférieur, la poche demeurait vierge (il va de soi que quelqu’un qui n’avait jamais ramé pour le collège n’avait même pas le droit de porter cette veste).
Les vested du Lady Margaret Boat Club, qui est le club d’aviron de Saint-John’s College, à Cambridge lui aussi, seraient à l’origine du terme blazer : ils y sont rouge vifs ; les rameurs du premier bateau ont l’honneur de voir ce blazer gansé de rouge (le ruban blanc du dernier dessin ci-dessous est remplacé par un ruban rouge ton sur ton).
A priori, le blazer le plus prestigieux est un Blue blazer, qui signifie que l’on a représenté soit Cambridge, soit l’université rivale dans la Boat Race, course d’aviron qui les oppose tous les ans. Le blazer d’Oxf*** est bleu foncé, celui de Cambridge bleu clair. Viennent ensuite le blazer des seconds bateaux (je vous conseille celui de Goldie, 2e bateau de Cambridge…) et les sports qui donnent droit au blazer de full blue, puis half blue puis les blazers de collège etc. Certains mettront un blazer d’Eton à un très haut niveau aussi… Cela reflète la hiérarchie sociale anglaise.
En toute immodestie, je vous conseille mon article pour plus de détails : David Ranc, « Cambridge vs Oxford : le Varsity Match entre histoire et actualité », _La Planète est Rugby_ (ed: Jean-Yves GUILLAIN; Patrick PORTE). Paris: Atlantica & Musée National du Sport, 2007. 2 vol: 389 & 393 p. ISBN: 978-2-7588-0052-1
Ede & Ravenscroft avait un très beau blazer de tennis (un peu hybride à cause du ruban sur la manche) blanc et gris la saison dernière…
* Si vous voulez des photos :
http://davidranc.com/images/d/sport/index.html
Dans un billet du début de semaine, André Gunthert ouvre le débat sur un discours prononcé deux fois par Jean-Noël Jeanneney à Arles. Il utilise l’anathème (appelant Jean-Noël Jeanneney, Jean-Nouille), dit lui-même qu’il a d’emblée refusé d’écouter le discours (“j’avoue n’avoir accordé qu’une attention distraite à son énumération d’un certain nombre de trucs en “V””). Je ne connais pas Jean-Noël Jeanneney mais ses livres et ses propos m’ont toujours intéressé. Surpris par cette attaque, j’ai donc posté la réponse suivante (dont je doute qu’elle soit publiée !)
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Il y a une tendance très française à faire ouvrir les débats par des personnalités “prestigieuses” qui n’y connaissent rien. Nous avons tous soufferts des discours d’ouverture du ministre, du sous-préfet ou du président d’université… Récemment j’ai enduré les divagations d’un biologiste sur la sociologie du sport, cela n’avait rien de drôle.
Néanmoins, ce billet mériterait effectivement d’être analysé par un vrai sociologue de la culture et surtout par un sociologue du monde universitaire, au courant de ses factions. A travers l’emploi de mots ronflants, (les fameux “culturèmes” et autres anathèmes jamais *vraiment* définis), à travers le déni d’autres spécialistes aux méthodes et objets différents (Jean-Noël Jeanneney travaille sur les médias en tant qu’historien, il n’est pas “historien de l’art”) ce billet ne sert-il pas surtout à proclamer haut et fort un statut de spécialiste qui ne serait pas (assez) reconnu par ailleurs ? Cela ne sert-il pas juste à dire “je vaux mieux que lui”. Cf: “on est ici sur un blog de spécialiste”.
Je m’interroge.
” —http://culturevisuelle.org/totem/1360Dans un article extrêmement stimulant (& cité en lien), André Gunthert analyse la diversité des réactions à la photographie numérique. J’ai fait la réponse suivante, en espérant (naïvement ?) apporter un peu au débat.
“D’abord une précision d’ordre sémantique : il y a depuis plusieurs années de la photographie numérique, à Arles et ailleurs (comme le précise François Hébel : dès 2002). Le numérique, c’est juste un mode de capture de l’image.
L’exposition “From Here On” va plus loin & s’occupe d’une petite partie de la création numérique : les méthodes créatives numériques liées à l’Internet ainsi qu’à l’accès et à la diffusion des images que permet celui-ci.
Il en découle que ce n’est pas le numérique (qui existerait depuis 1951 si j’en crois certains “spécialistes”) mais sa méthode de diffusion qui, à la fois, pose problème et offre de nouvelles perspectives : le travail sur le vernaculaire existe depuis très longtemps mais ce travail a explosé grâce à la disponibilité accrue des images vernaculaires (et le développement de nouveaux types de vernaculaires : par exemple les photos de pénis turgescents comparés à des canettes de coca pour faire valoir la taille). Cet article traite donc à juste titre du changement d’époque (voire de paradigme). Là où je rejoins l’idée de surinterprétation, mise en avant ci-dessus, est qu’il ne distingue pas vraiment les enjeux différents des acteurs selon leur type de travail et leur mode de rémunération. En d’autres termes, il n’y a pas une seule figuration (au sens éliasien), la photographie, mais une constellation de figurations dont les étoiles les plus brillantes pourraient être la figuration des photographes professionnels de la génération argentique, qui comprend énormément de photographes de presse, vivant de royalties sur une oeuvre protégée et la figuration de photographes professionnels de la nouvelle génération, plutôt issue des écoles d’arts et vivant d’oeuvres exposées & vendues dans des galeries. Le positionnement différent explique les comportements différents ; et leur co-existence (plus ou moins pacifique). On ne saurait en déduire une résistance au numérique (d’ailleurs, l’écrasante majorité des photographes est passée au numérique, dans toutes les figurations).”
Comme toujours, n’hésitez pas à me dire que j’ai tort, que je me trompe. C’est tout le principe d’un débat.
” —http://culturevisuelle.org/icones/1853Just in case you cared or wondered! (Hopefully some of you have wondered & do care).